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Communiqué : Meurtre d’une auto-stoppeuse, en finir avec la récidive programmée

L’Institut pour la Justice déplore que le système judiciaire refuse de prendre en compte les critères scientifiques de dangerosité dans le prononcé et l’exécution des peines.

Le meurtre de Léa Fleurot par un violeur en série ne se serait jamais produit au Canada ou en Belgique. Car ces Etats, comme la majorité des membres de l’Union européenne, n’hésitent pas à recourir aux outils statistiques de prédiction de la récidive pour évaluer la dangerosité de leurs criminels.

Ces outils auraient permis d’évaluer correctement le risque de récidive du meurtrier présumé de Léa Fleurot – manifestement supérieur à 50 % au regard de son âge, de son passé judiciaire et de son mode opératoire. Déjà condamné deux fois pour viol par une Cour d’Assises (à 5 puis à 15 ans), il n’aurait certainement pas été condamné à huit ans de prison seulement lors de son troisième procès pour viol en 2004. Et le juge d’application des peines n’aurait certainement pas demandé la libération anticipée d’un individu doté d’un profil aussi dangereux (demande finalement rejetée en appel).

L’Institut pour la Justice regrette que l’évaluation du risque de récidive en France repose le plus souvent sur des critères flous et peu prédictifs (expression de regrets, comportement en détention), plutôt que sur des critères objectifs et fiables, comme le nombre de crimes et délits commis dans le passé (critère à ce jour le plus prédictif de la récidive).

L’Institut pour la Justice rappelle que les chiffres de la récidive masquent des diversités extrêmement fortes selon les profils. Les professionnels de la Justice et le grand public doivent savoir que la récidive sexuelle, faible en matière de violences intra-familiales, est proche de 50 % chez les individus ayant déjà commis deux infractions sexuelles sur des personnes qu’ils ne connaissaient pas.

L’Institut pour la Justice demande au Garde des Sceaux de rendre systématique l’évaluation statistique du risque de récidive aux moyens des outils dits « actuariels ». Aucun juge, juré ou juge d’application des peines ne doit plus prendre de décision sans connaître la réalité criminologique de la récidive.