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Malades mentaux dangereux : l’Institut pour la Justice apporte sa contribution

Travaux d’experts, colloques parlementaires, audition au Ministère de la Santé… L’association apporte son expertise à la loi en préparation.

C’était en janvier dernier : Davis G.H., un schizophrène, tuait à coup de couteaux un retraité sans histoire et poignardait un voisin qui tentait de s’interposer. Ce drame a jeté une lumière crue sur la réalité de la psychiatrie française. Car David G.H. est un récidiviste qui, quelques années plus tôt, avait déjà lardé de 18 coups de couteaux le gardien de son immeuble. Mais après quelques mois d’hospitalisation, un psychiatre avait décidé de lui rendre sa liberté.

L’Institut pour la Justice déplore la faillite de la psychiatrie

Ce drame est loin d’être isolé. Le 2 avril dernier, à la station Gare de Lyon, un déséquilibré de 28 ans, Brahim, a poussé un passager sous les roues d’une rame de métro. Il s’agissait là encore d’un cas de récidive psychiatrique ; Brahim avait été hospitalisé à plusieurs reprises pour sa violence, mais à chaque fois remis en liberté…

L’Institut pour la Justice n’entend surtout pas stigmatiser des personnes qui ne sont évidemment pas responsables de la maladie mentale dont elles souffrent. C’est l’idéologie prégnante depuis 30 ans dans la psychiatrie française qui est responsable de ce type de drames. D’abord, le nombre de lits en psychiatrie a été diminué de moitié, alors que le nombre de malades mentaux ne cessaient d’augmenter ! Résultat : impossible de prendre le temps de les soigner, la priorité est de libérer la place dès qu’ils sont à peu près sur pied.

Plus grave encore, par idéologie, une minorité de psychiatres cherchent à faire sortir les malades mentaux dès que possible, sous prétexte que l’hospitalisation contrainte serait contraire à leur dignité… C’est pourtant le pire service qu’on puisse leur rendre lorsqu’ils sont dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui, avec comme résultat de nombreuses victimes innocentes.

Une loi est en préparation : l’IPJ s’organise

Le Ministère de la Santé, conscient du problème, a préparé une loi. Immédiatement, les experts associés de l’Institut pour la Justice – notamment psychiatres et psychologues – se sont penchés sur le texte. Verdict : la loi va clairement dans le bon sens, mais elle ne suffira pas à régler le problème.

Afin de faire passer son message, l’Institut pour la Justice a obtenu une audience auprès du cabinet de Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé. Malgré un bon accueil, les représentants de l’association ont compris que le renforcement de la loi ne se ferait pas sans que soit mené un patient travail de pédagogie auprès des parlementaires… Ils ont donc rencontré notamment le député Paul Jeanneteau, spécialiste de ces questions, et participé à une table ronde sur le sujet à l’Assemblée nationale. Il y a encore du chemin à parcourir, mais l’Institut pour la Justice ne relâchera pas ses efforts avant d’avoir obtenu des résultats.