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Communiqué : Rapport de l’Académie de Médecine, un désaveu sans appel de la lutte contre la délinquance sexuelle en France

L’Académie de médecine conforte les thèses de l’Institut pour la Justice sur les véritables chiffres de la récidive sexuelle, l’évaluation de la dangerosité et le traitement des délinquants sexuels.

L’Institut pour la Justice salue le rapport de l’académie de Médecine rendu public hier et portant sur la « prévention médicale de la récidive chez les délinquants sexuels ». Ses conclusions confortent les notes publiées depuis plusieurs mois par l’Institut pour la Justice et témoignent de l’urgence à réformer l’évaluation et le soin des délinquants sexuels en France :

 

  • Le rapport confirme la sous-évaluation des chiffres de la récidive sexuelle en France révélée par l’Institut pour la Justice en novembre dernier. Alors que les chiffres officiels français rapportent des taux de 1 à 3 % de récidive, le rapport montre qu’ils s’élèvent à 14 % au bout de 5 ans, ce chiffre étant lui-même inférieur à la réalité puisque « beaucoup de ces crimes et délits échappent à la justice ».

 

  • L’Académie de médecine condamne indirectement la façon dont 90 % des évaluations psychiatriques sont menées en France. Les auteurs du rapport indiquent que les échelles d’évaluation actuarielle – rarement utilisées en France – sont les « plus efficaces dans la prévision de la récidive » tandis que le jugement clinique non structuré – le plus répandu dans notre pays – est « le moins efficace ». L’Institut pour la Justice rappelle qu’il mène, avec ses experts psychiatres et psychologues associés, un combat pour l’amélioration de l’expertise psychiatrique et milite pour l’adoption de ces méthodes actuarielles.

 

  • Le rapport désavoue l’utilisation massive en France des psychothérapies d’inspiration psychanalytique pour les délinquants sexuels, en montrant qu’elles n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité. A l’inverse, le rapport montre que les seules psychothérapies réduisant la récidive sexuelle sont les thérapies cognitives et comportementales (TCC). 

 

L’Institut pour la Justice soutient l’Académie de médecine dans son appel à définir une politique « qui ne soit pas uniquement basée sur des soins médicaux », étant donné leur efficacité seulement relative, même pour les traitements les plus prometteurs (TCC et castration chimique). L’Institut pour la Justice rappelle qu’une réponse pénale ferme demeure indispensable pour dissuader le passage à l’acte. Dans le cas des grands prédateurs, une incarcération de longue durée est le seul moyen d’éviter une récidive annoncée.