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Communiqué : Assassinat de la joggeuse Natacha, en finir avec la récidive programmée

L’Institut pour la Justice pointe une triple responsabilité : gouvernement, magistrats et psychiatres.

Le meurtre de Natascha n’est pas dû à la « faute à pas de chance ». Il aurait pu et dû être évité, car il est le fruit de fautes successives et récurrentes de la part du législateur, des magistrats et des psychiatres.

1. Le gouvernement, derrière une fermeté affichée, encourage dans les faits la libération anticipée des détenus

Le meurtrier présumé de Natascha, condamné à 10 ans de prison, a bénéficié d’une libération conditionnelle au bout de cinq ans. L’Institut pour la Justice souligne que, derrière la fermeté affichée, le Ministère de la Justice multiplie les circulaires encourageant les juges d’application des peines à « aménager » les peines de prison, c’est-à-dire à remettre en liberté des délinquants et criminels avant la fin de leur peine. Pire, c’est le gouvernement actuel qui a fait voter par le Parlement la loi pénitentiaire qui fait de l’aménagement des règles « la règle » et non pas l’exception.

2. Les magistrats rechignent à utiliser les lois successives votées contre les récidivistes, et en particulier le placement sous surveillance électronique mobile

Libéré prématurément par la Justice, l’assassin de Natascha n’a fait l’objet d’aucune mesure sérieuse de surveillance. Pourtant, le ou les magistrats auraient dû appliquer la loi du 12 décembre 2005, qui permet de procéder à une évaluation approfondie de la dangerosité des criminels et de leur imposer une réelle surveillance à leur sortie de prison, notamment sous bracelet électronique mobile. Pour les magistrats, le doute profite manifestement au criminel plutôt qu’aux victimes potentielles.

3. Les psychiatres, non formés à la criminologie réalisent trop souvent des évaluations archaïques et de mauvaises qualité

L’institut pour la justice regrette que l’évaluation du risque de récidive en France continue à reposer le plus souvent sur des critères flous et peu prédictifs (comportement en détention, expression de regrets) plutôt que sur des critères objectifs et fiables comme le nombre de crimes et délits commis dans le passé. Comment s’étonner alors que les expertises, dans le cas de Natascha, aient divergé, l’une « excellente », l’autre « mesurée » ?

L’Institut pour la Justice rappelle que l’exécution de la peine doit être la règle et la libération anticipée l’exception, demande aux magistrats d’appliquer les lois votées par la représentation nationale, et souhaite une réforme en profondeur de l’expertise psychiatrique française.