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Joggeuse assassinée : le combat d’une famille

Réunie à Lyon, la famille de la joggeuse assassinée le 5 septembre dans le Nord veut en finir avec la « récidive programmée »

Le fait divers a secoué toute la France. Le 5 septembre dernier, une jeune femme de 29 ans est sauvagement assassinée alors qu’elle effectuait son footing, dans un bois de Marc-en-Baroeul, dans le département du Nord. A l’horreur succède très vite l’indignation. Rapidement interpellé, le principal suspect, qui a avoué les faits, est un violeur récidiviste. Agé de 39 ans, il avait été condamné le 21 février 2006 à dix ans de réclusion pour le viol, sous la menace d’une arme, d’une autre joggeuse dans les Hauts-de-Seine. Sorti en septembre 2009 en libération conditionnelle, il avait convaincu tous les acteurs chargés de son suivi sociojudiciaire de sa possible réinsertion. Jusqu’à ce qu’il croise, volontairement, la route de Natacha dans ce bois où il rôdait depuis des semaines.

Depuis ce drame, la famille de la jeune femme a choisi de mobiliser l’opinion publique. Eparpillée dans tout le pays, elle vient de se réunir à Lyon pour faire le point sur son combat qui se résume en trois mots : plus jamais ça. « Ce drame a surgi comme un cataclysme qui a balayé toute une famille », résume Yann Bay, qui vit à Vienne et qui est l’oncle du compagnon de Natacha Mougel. A Vienne, à Bordeaux et à Toulon, la famille multiplie les rencontres et les initiatives auprès d’élus de tous bords. « Il est urgent d’améliorer notre système judiciaire pour éviter enfin la récidive », poursuit Yann Bay. En première ligne, la réalisation effective de la peine : « Dix ans de prison, ce n’est pas quatre ans. La réalisation de la peine doit redevenir la règle et non l’exception. Et si on décide de donner une deuxième chance à un criminel, il faut que la société se donne les moyens d’encadrer cette sortie ». « L’assassin de Natacha n’a fait l’objet d’aucune mesure sérieuse de surveillance. Les magistrats n’ont pas appliqué la loi du 12 décembre 2005 qui permet de procéder à une évaluation approfondie de la dangerosité des criminels, et de leur imposer une surveillance notamment sous bracelet électronique », souligne-t-on du côté de l’Institut pour la Justice, dont les responsables se sont déplacés à Lyon pour rencontrer la famille. Cette association, qui milite pour une justice plus équitable, pointe également du doigt le système d’évaluation du risque de récidive : « Il repose sur des critères flous et peu prédictifs comme le comportement en détention ou l’expression de regrets ».

De quoi continuer le combat pour Yann Bay et sa famille : « Tous les thèmes abordés lors de cette réunion nous ont permis d’apporter des éclaircissements sur nos interrogations, et de nous repositionner sur nos différentes actions en cours ». L’avenir ? Toujours des rencontres avec des politiques, l’envoi massif d’un courrier type et l’attente, pénible, d’un procès.

Xavier Breuil

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