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Communiqué : Etude sur les prisons, une analyse simpliste de la part du Monde

L’Institut pour la Justice, association de défense des victimes et think tank axé sur les questions pénales, réagit dans une note détaillée (ci-jointe) à une analyse simpliste lue en Une du journal Le Monde daté du 15 octobre.

Son titre « Comment la prison fabrique la récidive » s’appuie sur la comparaison de profils qui ne sont pas comparables : des condamnées à de la prison ferme d’une part (qui récidivent à 59 %) et des condamnés à des peines alternatives d’autre part (qui récidivent à 45 %). Or les peines alternatives sont précisément réservées à ceux dont la Justice estime qu’ils « présentent davantage de garanties de réinsertion que les autres » ; il est donc logique qu’ils récidivent moins que ceux qui ont été condamnés à de la prison parce que jugés plus dangereux.

De même, Le Monde laisse penser à ses lecteurs que la libération conditionnelle est une mesure qui permet de réduire le risque de récidive de façon considérable (39 % de récidive contre 63 % pour ceux qui n’en ont pas bénéficié). Mais ce n’est pas ce que disent les chiffres, car là encore les populations ne sont pas du tout comparables. Il est évident qu’un individu à qui la Justice accorde une libération conditionnelle a manifesté davantage de garanties de réinsertion qu’un individu que l’on aura préféré maintenir en prison jusqu’à la fin de sa peine, de peur qu’il ne récidive.

L’Institut pour la Justice regrette que Le Monde n’ait pas cité la seule étude française qui compare avec rigueur des profils comparables. Eric Maurin, directeur d’étude à l’EHESS et professeur à l’Ecole économique de Paris, a montré que les détenus ayant bénéficié en 1996 d’une grâce collective le 14 juillet récidivaient davantage (de 12 points) que les détenus (parfaitement comparables) n’en ayant pas bénéficié pour la seule raison qu’ils avaient été libérés juste avant le 14 juillet. Réduire la durée de l’incarcération peut donc accroître – et non diminuer – le risque de récidive.