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Communiqué : Affaire Marie-Christine Hodeau, ce qu’on ne dit pas sur le risque de récidive

Le 2 novembre commence à la Cour d’Assises d’Evry le procès de Manuel da Cruz, assassin présumé de Marie-Christine Hodeau en 2009. Pour l’Institut pour la Justice, cette affaire montre la tendance française à sous-estimer le risque de récidive chez les grands délinquants sexuels.

En 2000, Manuel da Cruz avait séquestré et violé une petite fille de 13 ans et avait été condamné à 11 ans de réclusion. Mais il avait été remis en liberté au bout de 7 ans. Deux ans plus tard (fin 2008), il était absout de toute contrainte judiciaire.

Ces décisions de libération anticipée reviennent à octroyer un permis de récidiver à l’accusé, et sont en ligne avec la tendance française à minimiser le risque de récidive. Car les chiffres de la récidive sexuelle ne sont pas de 2 à 3 % comme on le dit souvent, mais de près de 25 %, comme l’ont rappelé successivement le rapport Lamanda et celui de l’Académie de Médecine (voir notre « Note & Synthèse n°15 »).

Pour éviter à l’avenir des drames de ce type, l’Institut pour la Justice demande donc l’application effective des peines prononcées, contre la tendance actuelle à systématiser les libérations anticipées.

L’Institut pour la Justice estime aussi qu’en cas de doute sur la dangerosité du condamné, la victime doit avoir toute sa place dans les décisions de remise de peines et pouvoir faire appel. Le doute doit en effet profiter à la victime et à la société plutôt qu’au criminel.

Certes le risque zéro n’existe pas, mais c’est bien un risque maximal que la Justice fait courir à la société lorsqu’elle ne prend pas en charge les prédateurs sexuels avec suffisamment de rigueur.