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Message de Maurice Cusson suite au meurtre d’Agnès

Le lycéen qui a avoué avoir violé et assassiné sa camarade Agnès était sous contrôle judiciaire, ayant déjà perpétré une agression sexuelle semblable à celle dont il vient de se rendre coupable (mais elle ne s’était pas terminée tragiquement). Les journaux nous informent qu’il avait fait alors l’objet d’une expertise par un psychiatre, qu’il était suivi par un psychologue et que ces experts avaient conclu qu’il « ne présentait pas de dangerosité ».

La confiance que les magistrats accordent aux avis des psychiatres et des psychologues est mal placée. En effet, leur formation ne les prépare pas vraiment à comprendre le comportement criminel et encore moins à prédire la récidive. Car seule une très petite minorité de délinquants souffre d’une maladie mentale caractérisée. La plupart des crimes, y compris des homicides, ne procèdent pas d’une maladie. Les méthodes et les notions de la psychiatrie et de la psychologie développées pour appréhender les troubles mentaux ne permettent tout simplement pas de comprendre le comportement criminel. La récidive grave est essentiellement imprévisible. Des instruments actuariels fondés sur des données objectives (les délits antérieurs, la fréquentation de délinquants, la toxicomanie…) réduisent, mais fort peu, l’incertitude.

De nombreuses recherches ont établi que les cliniciens sont encore plus mauvais pour prédire le risque de récidive que ces instruments actuariels. Ce que raconte un criminel à un psychiatre ou un psychologue — comme les remords dont il fait état ou son désir affiché de changer — n’a aucune valeur pour prédire. Les psychologues et les psychiatres — surtout ceux qui n’ont pas une longue expérience de travail avec les délinquants — n’ont pas la compétence pour se prononcer sur la dangerosité.