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Gérard ROUDIL

Gérard Roudil, époux d’Anne-Marie Roudil, brûlée vive le 18 mars 1991 par un individu condamné à la perpétuité et déjà libre

Gérard Roudil vivait à Perpignan avec son épouse et ses deux enfants âgés de 9 et 12 ans, lorsqu’en 1991, Michel Guibal immole par le feu la mère de famille sur le palier de leur appartement. Les deux enfants du couple sont directement témoins de la scène et restent traumatisés à vie.

Rien ne pouvait expliquer ce geste. A cette époque, Michel Guibal habitait avec sa femme et son fils dans l’Hérault. Pourtant, le 18 mars 1991, ce dirigeant d’entreprise a brûlé vive Anne-Marie Roudil. Un crime gratuit et sans mobile apparent. Si les deux personnes se connaissaient depuis très longtemps, la vie les avait séparés et elles ne s’étaient jamais revues.  Mais Michel Guibal a commis cet acte irréparable, « inspiré » par des voyants et des magnétiseurs qui « voyaient », à l’origine de son malheur, une femme qu’il avait connue dans son passé.

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d’assises des Pyrénées Atlantiques en 1994 pour assassinat avec actes de tortures et de barbarie, Michel Guibal a obtenu en novembre 2011 une autorisation de liberté conditionnelle. Et ce, malgré l’avis défavorable rendu par la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté. Elle indiquait en effet que « le risque de récidive criminologique n’est pas exclu » et relevait « la persistance de la composante obsessionnelle de l’intéressé ». L’expertise psychiatrique du détenu avait, elle, contrecarré la position de la commission. On pouvait notamment lire dans les écrits du psychiatre ayant pratiqué l’expertise que « la solution n’est pas dans la mise à l’écart du criminel dangereux », et que « la libération conditionnelle devrait être systématique ». En novembre 2011, lors de l’audience, l’avis rendu par la commission pluridisciplinaire n’a jamais été évoqué.

De surcroît, comme inscrit dans son programme de réinsertion agréé par la Cour d’appel, Michel Guibal travaille à la fabrication d’allume-feux. Un affront de plus pour la famille Roudil, alors qu’Anne-Marie a été brulée vive.

Cette épreuve accablante qui achève le parcours judiciaire de la famille Roudil renforce un sentiment  d’incompréhension et d’inquiétude.

Incompréhension, car en effet, à quoi sert la création d’une commission pluridisciplinaire, si ses analyses ne sont pas étudiées par les juges  quand les conclusions d’un seul expert sont, elles, largement écoutées et suivies ?  Alors même que celui-ci indique clairement son « opinion » sur la nécessaire systématisation des libérations conditionnelles. Pour Gérard Roudil, le sentiment que les victimes de cet acte odieux n’existent plus est réel. Car la décision de remise en libération, malgré la perpétuité prononcée par le jury populaire et la mise en garde de la commission pluridisciplinaire de sûreté, n’a en aucune façon tenu compte de l’avis de la famille d’Anne-Marie Roudil, ni même des craintes de récidive, pourtant clairement mises en lumière.

Cette inquiétude de la famille Roudil est d’autant plus forte, qu’elle n’a pas oublié les menaces proférées par l’ex-épouse du criminel, et notamment celle de « tuer toutes les parties civiles ». Si la dangerosité de Michel Guibal ne semble pas avoir été la priorité de la cour, Gérard Roudil a le sentiment amer que « la Justice joue à la roulette russe avec eux ».