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L’Institut pour la Justice soutient la famille Trabuc et demande la modernisation des expertises psychiatriques

Mardi 13 novembre, l’Institut pour la Justice était à Marseille, aux côtés de la famille Trabuc, comme il l’est depuis plusieurs mois, pour soutenir une famille qui se bat depuis plusieurs années, pour le seul intérêt général, afin de faire reconnaître la responsabilité du Dr Canarelli, psychiatre chargée du suivi de Joël Gaillard, meurtrier de Germain Trabuc, tué en 2004 à coups de hache.

Le profil de Joël Gaillard aurait dû retenir l’attention du Dr Canarelli, et c’est bien ce que lui reproche le tribunal correctionnel de Marseille devant lequel elle est poursuivie pour homicide involontaire. Elle a, en effet, été le seul médecin à ne pas avoir identifié la pathologie de Joël Gaillard, malgré l’avis concordant d’au moins huit psychiatres, dont le dossier démontrait qu’il était manipulateur.

Le passé du meurtrier de Germain Trabuc était pourtant très lourd… En février 2000, il avait agressé un vigile à coups de couteau à Marseille. En mai 2001, il tentait d’assassiner le salarié d’un centre équestre à Barcelonnette.

Au cours d’un entretien en février 2004, le Dr Canarelli indique à Joël Gaillard qu’il va être à nouveau hospitalisé. Celui-ci s’enfuit et la psychiatre ne le retient pas. Pire, elle attend trois heures pour signaler cette fugue. Mais les reproches ne s’arrêtent pas là. Ainsi, deux semaines avant la tentative de meurtre à Barcelonnette, la psychiatre estimait que Joël Gaillard ne présentait pas de dangerosité ! Enfin, on lui reproche également de ne pas avoir imposé à ce dernier un traitement spécialisé avec des neuroleptiques. Elle ne l’a « pas jugé opportun », puisque Joël Gaillard y était opposé.

Pour se justifier, le Dr Canarelli a indiqué « qu’on ne peut pas instaurer une relation de confiance si on est seulement du côté de la contrainte » et a reconnu un « échec thérapeutique ». Mais, selon elle, cela ne devrait pas entraîner sa responsabilité pénale. Le Procureur a, lui, estimé qu’il y avait faute et a requis un an de prison avec sursis contre la psychiatre.

L’Institut pour la Justice s’est mobilisé aux côtés de la famille Trabuc pour permettre que ce procès, qui est une première dans l’histoire de la justice et de la psychiatrie, soit l’occasion d’ouvrir le débat sur les évaluations de la dangerosité psychiatrique et criminologique.

L’Institut pour la Justice souhaite que la protection de la société fasse partie des éléments pris en compte dans les examens cliniques réalisés par les psychiatres, en incluant de nouveaux dispositifs comme les échelles actuarielles.

Les propositions de l’Institut pour la Justice sur la prise en charge des patients psychiatriques dangereux se trouvent dans l’étude du Dr Olivier Halleguen, chef de service psychiatrique au centre hospitalier d’Erstein. Cette étude est complémentaire avec celle réalisée par le Dr Alexandre Baratta, psychiatre et expert auprès de la Cour d’appel de Metz.

L’Académie nationale de médecine, a adopté le 6 novembre 2012 un rapport sur l’évaluation de la dangerosité psychiatrique et criminologique qui vient conforter les analyses de l’Institut pour la Justice. Il est ainsi écrit en page 15 de ce rapport que « l’utilisation des échelles de risque de récidive (méthode actuarielle) est un apport utile pour la transparence de la mesure du risque de récidive » (Lire l’intégralité du rapport ici). C’est précisément l’une des mesures que l’Institut pour la Justice met en avant depuis plusieurs mois.

L’Institut pour la Justice s’investit ainsi pleinement dans ces débats grâce à la qualité de son réseau d’experts. C’est aussi en identifiant mieux les profils criminologiques des patients psychiatriques dangereux que l’on permettra une diminution de la récidive et une baisse de la criminalité.