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Agresseurs sexuels : les facteurs de cette criminalité par Jean Proulx

A l’occasion du colloque « Les sciences criminelles au cœur des politiques pénales » organisé par l’Institut pour la Justice les 13 et 14 décembre 2012, Jean Proulx, professeur de criminologie à l’Université de Montréal, a consacré son exposé aux facteurs de la criminalité sexuelle et à la diversité des agresseurs sexuels.

 

 

Retrouvez ci-dessous la retranscription de l’intervention de Jean Proulx :

 

Le sujet de ma présentation est la diversité des agresseurs sexuels. Au cours de la journée, Monsieur Bébin a parlé de la diversité des agresseurs sexuels au début de sa présentation ; Monsieur Pham également. Il y a le concept d’intervention différentielle. Si on veut avoir une intervention efficace avec des personnes judiciarisées en termes de réinsertion sociale et en termes de réduction du taux de récidive. Il faut aborder le problème criminel avec des seuils d’intervention qui sont différents selon chaque personne.

Si on regarde les agresseurs sexuels, si on prend les médias et si on pose la question : Quel est le taux de récidive des agresseurs sexuels ? Il y a environ deux trois ans, j’ai commencé à discuter avec un juge  à la retraite de la récidive des agresseurs sexuels. Je lui pose la question à votre avis quel est le taux de récidive chez les agresseurs sexuels. Il me donne le chiffre de 70%. 70% pour un juge, imaginez la perception que peut en avoir la population. Lorsqu’un crime sexuel est médiatisé, cela donne l’impression d’une ampleur du phénomène qui dépasse les réalités. On évoquait différents chiffres aujourd’hui. Si on regarde les plus récentes méta analyses de Karl Henson, on parle, pour des échantillons d’environ 30 000, d’un taux de récidive de 17-20% après 5 ans. C’est un nombre important après cinq ans mais la récidive n’est pas distribuée de façon égale chez tous les types d’agresseurs. De nouveau, Monsieur Bébin en a parlé ce matin : chez les incestueux, nous avons des taux de récidive d’environ 2 à 3%.  Alors que chez certains pédophiles homosexuels non familiers, on peut avoir des taux de récidive de 50-60%. J’ai vu des patients  dans cette catégorie-là qui en étaient à leur septième sentence lorsque je les ai vus à l’institut Philippe Pinel à Montréal en traitement. L’institut Philippe Pinel  est un hôpital psychiatrique sécuritaire qui traite entre autres des agresseurs sexuels et des patients psychiatriques qui présentent des problèmes de violence. Pour cette variable de la récidive, on parle de 2 à 3% de récidive pour les pères incestueux qui agressent leur fille versus 50-60-70% de récidive chez certains pédophiles homosexuels. Je me rappelle d’un patient, il y a une dizaine d’année, qui avait agressé plus de 1200 jeunes garçons. Ici, on parle d’un groupe d’agresseurs sexuels très actifs et multirécidivistes.

Je vais vous  présenter la multiplicité des profils chez les agresseurs sexuels selon une perspective chronologique, dans l’évolution des théories par rapport à l’agression sexuelle. Parmi les premières théories, on parlait d’un facteur unique qui était la préférence sexuelle. Le principe de base était simple : si une personne agresse sexuellement un enfant, si un homme viole une femme, c’est parce qu’il a une préférence sexuelle pour le viol, c’est parce qu’il a une préférence sexuelle pour les enfants. Afin de vérifier cette hypothèse, une série d’études a été réalisée avec une méthode qui est peu courante en France : la phallométrie. Cela consiste à présenter des bandes sonores qui décrivent des rapports sexuels entre des adultes consentants, des rapports sexuels avec des enfants, avec des différents niveaux de violence, des viols de femmes adultes, de la violence non sexuelle. La personne est branchée sur une polygraphe et il y a des mesures de la réponse pénienne qui permettent d’évaluer la réponse pénienne lors de la présentation des différentes bandes sonores. Les différentes études qui ont été réalisées avec la phallométrie ont démontré qu’il y avait une très grande diversité de profils des préférences sexuelles chez les délinquants sexuels.

Commençons avec les agresseurs sexuels d’enfant. Parmi eux, il y a un nombre plus important que chez les violeurs qui ont un profil déviant. Si on prend un ensemble d’études, on va parler d’environ 50% des agresseurs sexuels d’enfants qui ont une préférence pour les enfants. Les autres, soit ils ont une excitation équivalente pour les enfants out pour les adultes et finalement un dernier groupe très important qui préfère les adultes dans des contextes consentants mais et qui, pour certaines raisons que  nous aborderons plus loin, vont avoir des contacts sexuels avec les enfants.  Il existe donc un groupe d’agresseurs sexuels qui ont une préférence sexuelle vers les enfants et cette préférence-là va fortement favoriser la récidive. Dans une méta analyse de Karl Henson publiée en 1998, le meilleur prédicteur de la récidive était une préférence sexuelle déviante envers les enfants particulièrement. Il y a donc trois grands profils de préférence sexuelle chez les agresseurs d’enfants : ceux qui ont effectivement une préférence sexuelle pour les enfants, ceux qui sont « indifférents » entre les adultes et les enfants, et ceux qui préfèrent les adultes et qui vont choisir des enfants pour d’autres motifs dont je parlerai plus tard.

Chez les agresseurs sexuels de femmes, le portrait est un peu plus complexe. Il y a environ 25% seulement qui présentent une préférence sexuelle pour le viol. Dans les premières études, on constatait qu’ il y avait un peu près deux tiers des études qui nous disaient que les violeurs n’ont pas de préférence sexuelle déviante ; Il y a un sous-groupe : ceux qui sont dans des institutions psychiatriques sécuritaires comme l’Institut Philippe Pinel, ou des pénitenciers à sécurité élevée. Effectivement, chez les agresseurs sexuels de femme,  le pourcentage qui présente une préférence sexuelle déviante et  sadique est heureusement limité. On parle de 25% mais cela fluctue énormément. Il y a des institutions à faible sécurité, où on parlerait de 5% d’agresseurs de femme sadiques alors que dans une institution psychiatrique maximale, on a environ 60% des agresseurs sexuels de femme qui sont classés comme sadique. Une portion moins importante présente une préférence sexuelle déviante. Mais on constate que,  malgré ce nombre restreint, il y a une diversité parmi ceux qui ont une préférence sexuelle déviante.

Voilà un exemple pour vous expliquer cette diversité. Pour mieux vous situer, je suis professeur à l’école de psychologie à l’Université de Montréal, je suis psychologue de formation et je travaillais en parallèle pendant vingt-cinq ans à l’institut Philippe Pinel dans le programme de traitement pour agresseurs sexuels. Nous avions en traitement un certain nombre d’agresseurs de femmes qui nous disaient qu’ils se masturbaient régulièrement avec des fantaisies dans lesquelles ils imaginaient qu’ils violaient des femmes. Toutefois lorsqu’on a fait leur évaluation phallométrique, on a constaté qu’il y avait un profil qui semblait normal. Ils étaient plus excités par des rapports consentants entre un homme et une femme que par le viol qui comportait de la sexualité et de la violence physique. Lorsqu’on a interrogé ces patients pour tenter de comprendre la divergence qu’il y avait dans leur propos comme quoi il était plus excité par le viol que par le consentement, un élément qui est sorti était particulièrement intéressant. Chez les agresseurs sexuels de femme, certains préfèrent un viol avec de la brutalité, de la violence physique mais un certain nombre préfèrent un viol avec de l’humiliation. L’élément central est de dégrader et d’humilier la femme physiquement en la faisant marcher à quatre pattes, en lui mettant un collier, en la faisant boire dans les toilettes. Cela peut aller jusqu’à déféquer sur la femme. Cela peut aussi être des insultes verbales : lui dire que c’est une putain, lui dire qu’il va la payer après l’avoir agressée. L’humiliation verbale et physique est donc un élément excitant et non pas le côté violence physique.

Premier facteur explicatif, les préférences sexuelles déviantes sont un facteur qui joue dans la mesure où un certain nombre d’entre eux ont une préférence sexuelle déviante mais bon nombre d’entre eux n’ont pas de préférence sexuelle déviante. Les chercheurs ont commencé à se poser des questions sur  si une personne préfère des contextes sexuels avec des adultes sans violence, qu’est-ce qu’il fait que certaines de ces personnes vont commettre des agressions sexuelles ? Une des hypothèses qui ont été émises par la suite est que ces agresseurs sexuels là, même s’ils n’ont pas une préférence sexuelle déviante, vont présenter des déficits quant aux abilités sociales. Même s’ils préfèrent avoir un contact sexuel avec une femme adulte, s’ils sont incapables, s’ils sont trop mal à l’aise, s’ils sont trop timides pour entrer en contact au niveau interpersonnel avec une femme, s’ils n’ont pas suffisamment confiances en eux sur le plan sexuel pour s’engager dans une relation sexuelle et amoureuse avec une femme. Pour eux, l’option de l’enfant et du viol est plus facile dans la mesure où l’enfant est plus facile à manipuler. L’enfant est plus facile au niveau de son évaluation de la performance sexuelle : l’enfant n’évaluera pas sa performance sexuelle de façon négative. Certains violeurs diront même que c’est plus simple : j’ai un désir sexuel, je prends une femme, je n’ai pas à me remettre en question durant l’agression.

Deuxième facteur qui a été identifiée est celui des abilités sociales. Sur cette question,  les études empiriques sont assez claires. Bon nombre d’agresseurs sexuels d’enfants, sont bien plus à l’aise avec les enfants qu’avec les adultes. Ils vont parler du « bienheureux monde » des enfants. Un bon nombre d’agresseurs, les pédophiles fixés, nous affirment régulièrement qu’ils sont mal à l’aise avec les adultes : les adultes les jugent, les adultes les critiquent, les adultes ne les aiment pas alors que les enfants sont affectueux, spontanés, et chaleureux. Ils se sentent appréciés et aimés par les enfants. De nombreuses études empiriques ont démontré que bon nombre d’agresseurs sexuels d’enfants étaient plus à l’aise avec les enfants qu’avec les adultes. Ils avaient beaucoup de difficultés à prendre leur place, à s’affirmer, affirmer leurs besoins et  également à affirmer leurs limites avec les adultes.

Pour les agresseurs sexuels de femmes, les résultats sont beaucoup moins clairs. Ils présentent certains déficits au niveau des abilités sociales sauf qu’ils ne distinguent pas des criminels non sexuels. Ils vont utiliser plus la menace, la coercition que la négociation. De nouveau, les agresseurs sexuels d’enfants se distinguent par une proportion beaucoup plus grande qui en plus de leur déficit, de leur préférence sexuelle déviante, présentent également des difficultés au niveau des abilités sociales.

Autre facteur qui a été proposé est celui des distorsions cognitives : les croyances qui favorisent l’agression sexuelle. Une association américaine qui s’appelle NMBLA (North Americain Men Boy Love Association). Leur devise est « After eight, it’s too late ». Après 8 ans c’est trop tard pour commencer à avoir des contacts sexuels. Dans leur perspective, un contacte sexuel avec un adulte compétent sexuellement est la meilleure façon d’initier un enfant à la sexualité. Bon nombre d’agresseurs sexuels d’enfants ont des croyances de deux ordres : premièrement que l’enfant retire un plaisir des contacts sexuels avec les adultes et que deuxièmement ces contacts sexuels ne sont pas dommageables pour l’enfant. L’enfant a du plaisir, et peut même être actif à solliciter l’adulte.  Ils croient qu’il n’y aura pas de conséquences et de séquelles pour l’enfant.

Chez les violeurs, les distorsions cognitives comme quoi une femme qui se fait violer c’est une femme qui l’a provoqué sont présentes mais, de nouveau, ils ne distinguent pas des criminels non sexuels. Il semble peu y avoir de facteur explicatif qui joue pour expliquer le passage à l’acte.

Il y a eu un changement de paradigme dans les années quatre-vingt-dix  sur les composantes émotifs de l’agression sexuelle. On a parlé de préférence, les pédophiles se distinguent ; On  a parlé des déficits au niveau des abilités sociales, ils se distinguent également. Qu’en est-il des facteurs émotifs ? Un certain nombre de cliniciens ont constaté que dans les jours, les heures qui précèdent le passage à l’acte, on retrouve des affects dysphoriques intenses chez beaucoup d’agresseurs sexuels. Ce sont des affects négatifs qui peuvent être interprétés comme un précurseur du passage à l’acte. Marshall a proposé un concept intéressant qui est celui de la « sexualisation des conflits ». Pour un certain nombre d’agresseurs sexuels, les émotions négatives qu’ils vont vivre dans leur quotidien et dans leur rapports interpersonnels,  ils ne seront pas capables de les gérer de manière pro-sociale et la sexualité déviante comme non déviante va être un moyen pour gérer ses émotions négatives. Une personne peut être anxieuse à cause des difficultés au travail et au niveau de  son couple. Elle peut utiliser la pornographie, la masturbation compulsive avec la pornographie pour gérer ses émotions négatives. La personne peut être en colère et utiliser des fantaisies dans lesquels il y a une sexualité violente pour exprimer sur le mode fantasmatique sa colère en se masturbant avec une fantaisie de viol. Un certain nombre de liens entre des émotions : le sentiment de solitude chez certains pédophiles sexuels va être géré par une masturbation avec une fantaisie dans lequel non seulement il y a un contexte sexuel mais un lien amoureux également. Un bon nombre d’agresseurs sexuels d’enfant vont avoir l’illusion d’être amoureux de l’enfant. Leur fantaisie va avoir une composante à la fois sexuelle et romantique, dans le sens d’un désir de rapprochement affectif avec l’enfant en plus du désir purement sexuel.

Afin de vérifier cette hypothèse de la sexualisation des conflits, il y a un certain nombre d’études qui ont été menées entre autres à l’Institut Philippe Pinel et en Ontario par des chercheurs qui travaillent au service correctionnel du Canada, sur le lien entre les affects négatifs et les fantaisies. Pour illustrer, je vais vous parler d’une étude que j’ai faite avec un de mes collègues, André Mcburn Dans lequel les agresseurs sexuels pendant une période de deux mois, noter chaque jour s’ils avaient vécu des conflits ; si leur humeur était en générale plus négative que d’habitude ; s’ils avaient eu des fantaisies sexuelles déviantes et non déviantes ; quelle était la nature des émotions négatives ressenties ?

Un des constats importants de l’étude est que lorsque les agresseurs sexuels autant les violeurs que les pédophiles, les résultats vont toujours dans le même sens. Lorsque les agresseurs sexuels ont des émotions négatives, il va y avoir augmentation importante du recours aux fantaisies sexuelles déviantes mais également de la sexualité déviante, une masturbation avec des fantaisies sexuelles non déviantes. Les émotions négatives qu’on trouvait principalement chez les agresseurs sexuels de femme étaient la colère et l’humiliation. Par exemple, les patients vont faire du sport : un patient n’est pas très habile en sport et un patient lui suggère de quitter le jeu. Il se fait humilier devant les autres par un autre patient dans une activité sportive. Une heure plus tard, il se retrouve seul dans sa chambre et se masturbe avec une fantaisie de viol dans lequel il va humilier une femme. Pour ce patient-là, l’humiliation qu’il ressent au quotidien est gérée via une fantaisie sexuelle déviante, qui, à l’extérieur, pourrait en venir par une actualisation d’une agression sexuelle. Chez les pédophiles, on ressent plutôt des éléments de solitude et d’anxiété. Il y a également de l’humiliation chez les pédophiles et il y a également de la solitude chez les violeurs mais la dominante chez les agresseurs sexuels d’enfant est la solitude et l’anxiété. Pour eux, le contact sexuel avec un enfant, surtout les pédophiles fixés, devient un mode privilégié pour répondre à une diversité de besoins des besoins, que normalement ils devraient répondre avec un adulte consentant, des besoins d’ordre émotif et des besoins d’ordre sexuel.

Il y a également des études qui ont démontré dans les années quatre-vingt / quatre-vingt-dix le rôle de la personnalité antisociale et de la psychopathie. Un des groupes criminels qui présentent les plus hauts taux de psychopathie sont les agresseurs sexuels de femmes alors que chez les pédophiles cela est parmi les taux les plus faibles (45% vs 5%).On voit de nouveau une très grande variété en termes de profils psychopathologiques. Les psychopathes sont beaucoup plus présents chez les agresseurs sexuels de femme. Chez les agresseurs sexuels d’enfant, on a plutôt d’autres profils de personnalité : entre autres des troubles de personnalité dépendante, troubles de personnalité évidente alors que chez les agresseurs sexuels de femme, on a bon nombre de psychopathes. Les sadiques ont un profil particulier.

Les études de 1960 à 1990 ont permis d’identifier un certain nombre de facteurs explicatifs au niveau cognitif, au niveau émotif, au niveau des préférences sexuelles et également au niveau de la psychopathologie, principalement des troubles de personnalité antisociale et chez les violeurs, dépendants chez les pédophiles. Toutefois, même si cet assortiment de facteurs permet d’illustrer la diversité des agresseurs sexuels présente certaines limites. Nous avons fait une étude sur la carrière criminelle des agresseurs  sexuels. On a constaté que chez les agresseurs sexuels de femme, 30% environ de leurs crimes sont de nature sexuelle. Les crimes sexuels représentent le tiers de leur activité sexuelle alors que chez les agresseurs sexuels d’enfant, cela représente deux tiers de leurs délits. Il y a une bonne différence en termes de spécialisation. Les violeurs peuvent être considérés comme des « généralistes » qui vont commettre des délits sexuels (sauf un sous-groupe qui est celui des sadiques, qui représentent 10-15% des agresseurs de femmes). Alors que chez les agresseurs sexuels d’enfants,  il y a un beaucoup plus grand nombre de spécialistes dans les délits sexuels. On parle de 50% qui présenteraient une préférence sexuelle déviante. Il y a vraiment un profil très différent : plutôt un généraliste chez les violeurs et un spécialiste chez les pédophiles.

Une fois présenté la diversité des facteurs émotifs, cognitifs, de préférence sexuelle, comment aborder la question du processus de passage à l’acte ? Le premier modèle qui a été présenté M. Peyter  est celui du modèle de la prévention de la récidive. Son modèle est une séquence de cinq composantes : premièrement un affect négatif intense (colère, anxiété, humiliation, solitude) qui va être suivi de fantaisies sexuelles déviantes, qui vont elle-même être suivies de distorsions cognitives. Si j’essaye de faire une histoire : une personne avec un affect négatif va utiliser les fantaisies déviantes comme stratégie pour gérer ces affects négatifs. Une fois la fantaisie présente, l’excitation sexuelle présente, les distorsions cognitives vont venir favoriser le passage à l’acte. Il est excité par un enfant, il se sentait seul, il commence à avoir des fantaisies sur des enfants, il commence à penser que s’il se met en contact avec un enfant, il va éprouver du plaisir, et il va penser qu’il ne fait pas de dommage à cet enfant. Il commence à planifier son crime et il passe à l’acte.

Un modèle qui a été largement utilisée pour une modalité de traitement de type cognitivo-comportementale est le groupe de prévention de la récidive. On a parlé à plusieurs reprises des traitements aujourd’hui.  Pour vous donner un ordre de grandeur, au Canada, les études qui portent sur les efficacités de traitement pour les agresseurs sexuels, on parle  de 17 à 18% de récidives chez les agresseurs sexuels non traités alors que ceux qui sont traités avec des programmes cognitivo-comportementaux – qui incluent dans bien des cas une modalité de prévention de la récidive – on tombe à environ 11% de récidive. Le traitement n’est pas miraculeux mais passer de 17% à 11%, si on parle en termes de réduction de nombre de victimes, cela est majeur surtout lorsqu’on considère chez certains agresseurs d’enfant, la récidive n’est pas pour une seule victime, pour cinq, dix, quarante victimes.