01-70-38-24-07
info@institutpourlajustice.org

Blog

Alexandre Giuglaris interrogé sur la Justice « deux poids deux mesures »

Alexandre Giuglaris répond aux questions d’Atlantico sur la Justice « deux poids deux mesures » dénoncée par l’Institut pour la Justice dans sa dernière pétition sur la condamnation de Nicolas, jeune étudiant opposé au mariage pour tous.

A la question « la Justice est-elle la même pour tous ? », le délégué général de l’IPJ répond :

« C’est une vraie question qui se pose car si le principe de l’individualisation des peines est nécessaire, cela ne devrait pas conduire à la non application des lois votées au Parlement. A titre d’exemple, les peines plancher, dont certains ont cherché à faire croire qu’elles étaient automatiques et très lourdes, n’ont été appliquées que dans 40% des cas éligibles par les magistrats. Et là encore, il y a des situations tellement diverses. Au tribunal de Bobigny, le taux d’application des peines plancher était de 16% et même de 2% pour les peines plancher entièrement fermes ! Il y a un vrai problème de cohérence territoriale qui pose question du point de vue démocratique lorsque la justice n’est pas la même partout en France. »

Est- ce un problème d’application du droit ou un problème idéologique ?

« Les deux explications sont valables. Mais, si on garde l’exemple du TGI de Bobigny par exemple, il faut savoir que le Syndicat de la Magistrature y est très influent. Or, il ne faut pas oublier quelles sont les références de ce syndicat. Elles sont clairement explicitées dans la harangue d’Oswald Baudot, qui est le texte de référence du Syndicat de la Magistrature. Le texte est limpide : « La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides « attendus » du monde, donner raison à l´un ou à l´autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine ». Tout ceci montre qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes lois : pour avoir une Justice équilibrée, il est indispensable d’avoir des magistrats neutres et impartiaux, qui respectent non pas seulement la lettre de la loi mais aussi son esprit, et qui ne cherchent pas à imposer leur propre vision idéologique de la société. »

Lire ici l’intégralité de l’interview d’Alexandre Giuglaris sur Atlantico