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Surpopulation carcérale : les réponses d’Alexandre Giuglaris à Atlantico

Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice répond aux questions d’Atlantico sur les chiffres du mois de juillet de la surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation des prisons de 118,5% et 20 000 places manquantes, la surpopulation carcérale, très préoccupante, pourrait devenir dangereuse pour la sécurité des Français.

Voici son constat: « Il manque d’ores et déjà 10 000 places de prison pour répondre à la surpopulation actuelle. Mais il faut aussi dire que 80 000 peines de prison sont en attente d’exécution et que chaque année, comme le regrettait à juste titre Manuel Valls lorsqu’il n’était pas encore Ministre, 20% des peines de prison ne sont pas exécutées. Enfin, les peines plancher n’ont été appliquées que dans 40% des cas possibles. Donc avant même de demander un durcissement des peines, il faudrait que les pouvoirs publics et le gouvernement se mobilisent pour l’application de peines prononcées.

Certains syndicats de magistrats, qui parlent si souvent d’indépendance de la justice, devraient se scandaliser de cette situation car le pouvoir politique ne permet pas l’application indépendante des décisions prononcées par l’autorité judiciaire. Mais ce n’est peut-être pas leur priorité… »

Sur les aménagements de peine, Alexandre Giuglaris précise qu’il faut pouvoir adapter une peine à un profil criminologique mais que faute de places de prison, on a développé une multitude de dispositifs qui visent uniquement à contourner la prison ou à réduire la détention. Du coup, les délinquants sont de plus en plus nombreux à penser qu’ils ne risquent rien… C’est inacceptable et dangereux.

Dans le domaine de la prison, on a mis en place le principe d’un aménagement des peines de prison jusqu’à deux ans de prison ferme. Dès lors, vous pouvez, par exemple, être condamné à 18 mois de prison et ne pas passer un seul jour en détention. Ou alors être condamné à 10 ans de prison et avec les lois existantes (crédits de réduction de peine automatique et supplémentaire notamment), demander votre libération conditionnelle au bout d’un peu plus de 3 ans. »

Lire ici l’intégralité de l’interview d’Alexandre Giuglaris sur Atlantico