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Communiqué : meurtre d’Agnès, la question de la modernisation du travail des experts psychiatres une nouvelle fois posée

Selon les informations parues vendredi 25 octobre dans le Midi Libre, le grand-père d’Agnès Marin, violée et assassinée en 2011 par un mineur récidiviste, demande la radiation de l’expert psychiatre chargé d’examiner le meurtrier présumé de la jeune fille, qui avait déjà commis un viol sur une autre adolescente. Le médecin avait à l’époque jugé que le jeune homme n’était pas dangereux. Quelques mois plus tard, il violait, tuait et brûlait Agnès Marin.

Aujourd’hui, au-delà de l’émotion suscitée par le drame qui touche légitimement la famille Marin, l’Institut pour la Justice demande la modernisation du travail des experts psychiatres.

L’Institut pour la Justice constate que l’examen de la dangerosité des criminels sexuels  est aujourd’hui largement insuffisant. Il propose que la protection de la société fasse partie des éléments pris en compte dans les examens cliniques réalisés par les psychiatres, en incluant de nouveaux dispositifs comme les échelles actuarielles, outils psychiatriques validés internationalement et qui permettent d’apprécier le risque de récidive. Cette méthode est fondée sur l’identification de nombreux  facteurs (sociologiques, familiaux, judiciaires…) corrélés à un risque de récidive de la personne évaluée.

Dans un rapport sur l’évaluation de la dangerosité psychiatrique et criminologique adopté en novembre 2012  par l’Académie de médecine, on peut lire que « l’utilisation des échelles de risque de récidive (méthode actuarielle) est un apport utile pour la transparence de la mesure du risque de récidive » (page 15). Cette affirmation vient conforter les analyses de l’Institut pour la Justice dans ce domaine. Le Dr Baratta, psychiatre et expert près la cour d’appel de Metz, souligne dans son étude  « Evaluation et prise en charge des délinquants et criminels sexuels » l’intérêt des outils d’évaluation modernes et scientifiquement validés chez nos voisins européens notamment.

L’Institut pour la Justice  souhaite qu’un véritable débat s’ouvre pour moderniser les expertises psychiatriques. Une juste expertise est la garantie d’une meilleure Justice pour tous, qui permettra de protéger la société, de lutter contre la récidive en ciblant davantage les profils criminologiques. L’IPJ préconise le développement des méthodes d’analyses scientifiques, respectueuses de la personne, qui combineraient échelles actuarielles et échelles dynamiques par des entretiens semi-structurés individualisés. Ces méthodes ont fait leurs preuves dans de nombreux pays. La France doit rattraper son retard.

Télécharger ici le communiqué