01-70-38-24-07
info@institutpourlajustice.org

Blog

Affaire Michael Jackson : comment la Justice française perd son temps sur certains dossiers

Le Figaro, le 11 février 2014

Hier, mardi 11 février, le tribunal d’Instance d’Orléans s’est prononcé sur une affaire peu commune. En effet, cinq fans de Michael Jackson poursuivaient en Justice le docteur Conrad Murray, médecin du chanteur décédé. Les requérants reprochaient au praticien d’être le responsable de la mort de leur idole, provoquant ainsi un « préjudice d’affection ». Le tribunal a rendu son verdict : Murray est condamné à verser un euro symbolique de dommages et intérêts.

L’affaire a débuté il y a déjà plusieurs mois. Au départ, plus de trente-quatre admirateurs du Roi de la Pop assignaient devant la juridiction française le docteur Conrad Murray. Cinq d’entre eux, membres de la « Michael Jackson Community », ont obtenu gain de cause. Ces derniers, originaires de France, Suisse ou encore de Belgique, ont présenté des témoignages ainsi que des certificats médicaux pour justifier de l’ « affliction » dont ils faisaient l’objet. Le tribunal d’Instance d’Orléans a décidé de les suivre en reconnaissant la notion de préjudice d’affection. C’est d’ailleurs une première mondiale, ce dont se réjouit l’avocat des victimes :

« C’est la première fois au monde, à ma connaissance, qu’est reconnue la notion de préjudice affectif en lien avec la mort d’un pop-star ». L’avocat se félicite même « d’être allé jusqu’au bout de la procédure malgré les ricanements » que la démarche pouvait susciter.

Derrière cette procédure, le but recherché par les fans du chanteur demeurait avant tout l’obtention du statut de victime. Il s’agissait de la première étape de leur démarche puisque leur objectif à présent est d’accéder au lieu d’inhumation de l’artiste. Les différents protagonistes ne s’en cachent guère. Myriam Walter, la présidente de la Michael Jackson Community déclarait : « Une décision de justice favorable pourrait nous permettre de nous rendre sur la tombe de Michael Jackson, à Los Angeles. Pour l’heure, c’est réservé aux proches ou à de rares privilégiés ».

Même si cette démarche peut paraître touchante, on reste toutefois un peu gêné par le temps consacré par la Justice dans cette affaire qui, disons-le, ne revêt pas une importance primordiale. Tous les jours, de nombreux procès sont en attente, sur des sujets bien plus graves : impayés de pensions alimentaires, fraude et escroqueries, agressions physiques, etc. Ne serait-il pas plus profitable à la société que la Justice traite en priorité ces affaires-là ?