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Réforme pénale et drames de Colombes : les Français ont droit à la vérité

Le 7 août 2013, deux jeunes femmes ont été très violemment agressées, et violée pour l’une d’elles, près de la gare de Colombes. Le principal suspect dans ces terribles affaires est un multirécidiviste. Connu des services de police depuis son adolescence, il a été condamné à 12 reprises (notamment pour recel, trafic de stupéfiants, vols, agressions sexuelles, violence, conduite en état d’ivresse et sans permis).

En 2012, il est incarcéré à la prison de la Santé pour vol de véhicule, défaut de permis, refus d’obtempérer et ivresse. Sans doute le profil de ceux dont on nous explique qu’ils n’ont plus leur place en prison, car ils ne seraient que des « délinquants de la route ». Le mis en cause bénéficie alors d’un régime de semi-liberté. Il doit travailler la journée dans une supérette et rentrer dormir à la prison. A partir du 15 juillet 2013, il est en arrêt maladie pour 15 jours à la suite d’une blessure, mais continue de sortir chaque jour. Il lui arrive de rentrer fréquemment en retard et ivre, le soir. Il déserte même la prison un week-end entier.

A partir du 1er août, la supérette qui l’emploie dans le cadre de sa semi-liberté ferme pour les vacances. L’administration n’est pas au courant, le mis en cause continue à sortir chaque jour. C’est alors que le 7 août, il aurait commis les deux crimes près de la gare de Colombes.

Cette terrible affaire est-elle un scandaleux cas isolé ou faut-il y voir les défaillances de notre système judiciaire et pénitentiaire ? Nous n’avons jamais eu de réponse.

En effet, sans l’annoncer publiquement, la garde des Sceaux a commandé, il y a de nombreux mois, un rapport à l’Inspection générale des services judiciaires sur cette affaire. L’Institut pour la Justice, ainsi que deux députés, ont demandé que ce rapport soit rendu public car il concerne en premier lieu les victimes et leurs familles, mais également toute la société. Quelles garanties avons-nous que ce type de dysfonctionnement choquant ne se reproduira pas ? Quelles conclusions ou quelles sanctions ont été mises en œuvre ?

Le silence absolu de la chancellerie nous inquiète. La réforme pénale, qui vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoit de développer les aménagements de peine et les sorties anticipées notamment. Quelles garanties les Français peuvent-ils avoir quant à leur sécurité, si aucun changement n’est intervenu depuis l’affaire de Colombes ?

Nous demandons au gouvernement et à la garde des Sceaux de rendre public ce rapport et de nous faire connaître les actions qui ont été entreprises en réponse au drame subi par ces deux jeunes femmes à Colombes.

M. Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice

M. Patrice Ribeiro, Secrétaire général de Synergies Officiers

M. Jean-Claude Delage, Secrétaire général d’Alliance-CFE-CGC

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