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Violeur récidiviste en liberté : « c’est malheureux mais il y aura toujours des faits divers »

Sur le site Valeurs actuelles, Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, revient sur l’affaire du violeur récidiviste qui, relâché en raison de ses garanties de domiciles, a fait une nouvelle victime.

« Combien de fois, j’ai entendu cette phrase prononcée : « c’est une bien triste affaire, mais il y aura toujours des faits divers… ». La garde des Sceaux, elle-même, a coutume de prononcer ce type de sentences. Et pourtant…

N’est-il pas temps de dire que cela suffit ? N’est-il pas temps d’arrêter de se défausser de toute responsabilité lorsque survient un scandaleux dysfonctionnement ou un crime odieux (car c’est bien de cela dont il s’agit et non d’un « fait divers »). »

[…] « Pourquoi cet individu a-t-il pu bénéficier d’une libération malgré les éléments très lourds qui pèsent sur lui et malgré ses aveux ?

Pourquoi notre système judiciaire donne-il le sentiment de ne pas suffisamment s’intéresser au sort des victimes et à la demande de protection de la société ?

Parce qu’en dehors d’une fraction de juges politisés et idéologues qui font œuvre néfaste de dogmatisme pénal (le scandaleux « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature où étaient épinglés des pères de victimes en a été la preuve irréfutable) ; nos lois sont souvent faites dans le seul intérêt du condamné et pas dans celui de la société.

Dans la lignée de ces mesures, la dernière réforme pénale du gouvernement va lourdement aggraver une situation déjà trop souvent défaillante. Ainsi, à la suite de celle-ci, ce criminel présenté comme récidiviste ne se verra pas condamner à une peine plancher (elles ont été supprimées), verra sa peine de prison automatiquement réduite chaque année grâce aux crédits de réduction de peine automatiques (non supprimés dans la réforme) et du fait de ces crédits de peine, il pourra bénéficier d’une libération conditionnelle ou sous contrainte à la moitié de sa peine ! J’ajoute que s’il était condamné à la perpétuité, la dernière réforme pénale lui permettra de demander une libération au bout de 18 ans de prison…

En revanche, cette réforme n’a pas prévu que les victimes aient plus de droits…

Aujourd’hui, ces terribles crimes doivent faire prendre conscience que la justice est le maillon faible de la chaîne pénale. Si nous voulons être protégés, il va falloir appliquer des mesures fortes et pragmatiques comme la construction d’au moins 20 000 places de prison supplémentaires. Parce que si l’on veut arrêter de libérer de manière incontrôlée des individus dangereux, encore faut-il avoir suffisamment de places pour les détenir. »

Lire ici la tribune d’Alexandre Giuglaris