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Justice : l’IPJ revient sur la condamnation polémique d’une femme ayant tué son mari, violeur incestueux

Le site d’information Altantico recueille les réactions d’Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, et celles de Maître Janine Bonaggiunta, avocate spécialiste des violences conjugales, suite à la condamnation de Jacqueline Sauvage à dix ans de prison pour avoir tué son mari.

Cette décision de justice fait polémique car la situation de Madame Sauvage est particulière. Son mari a battu et violé elle et ses trois filles pendant des années. Un enfer interminable pour cette famille terrorisée par cet homme violent. Lors de l’audience, l’une des filles a déclaré avoir accueilli la mort de son père comme un soulagement, tandis qu’une autre a avoué avoir été détruite intérieurement par lui. Le fils de la famille, également victime des violences de son père, s’est suicidé le 9 septembre 2012. Le lendemain, Jacqueline Sauvage tuait son mari de trois coups de fusil.

Alexandre Giuglaris s’interroge sur cette décision de justice difficilement compréhensible au regard d’autres condamnations récentes et s’inquiète du message envoyé par la justiceIl dénonce également les instructions de la Chancellerie qui détournent le principe d’individualisation des peines à des fins idéologiques pour éviter les incarcérations. C’est la crédibilité de notre justice qui est atteinte alors que la solution est la construction d’au moins 20 000 places de prison.

Maître Janine Bonaggiunta regrette que notre justice ne reconnaisse pas, à l’image du Canada, un état post-traumatique constant qui reflète la réalité de la situation des femmes battues. Ceci permettrait d’appliquer la présomption de légitime défense parfaitement adaptée à ce type d’affaire.

L’avocate prend ensuite le temps d’expliquer comment des femmes peuvent tomber sous l’emprise de maris tyranniques les dissuadant de partir ou de porter plainte. Le problème est que l’incapacité actuelle de notre justice de les prendre en charge n’encourage pas ces victimes à franchir le pas.

Lire ici l’interview d’Alexandre Giuglaris et Janine Bonaggiunta