01-70-38-24-07
info@institutpourlajustice.org

Blog

Serge et Hélène BOURSON

En 2009, Serge et Hélène Bourson avaient témoigné à l’Institut pour la Justice de l’horrible assassinat de leur fils William et de leur combat contre les nombreux manquements de la police et de la justice dans cette affaire. Depuis, le meurtrier, condamné à 18 ans de prison, a été transféré dans une prison proche du lieu de résidence du frère de la victime et est en droit de bénéficier d’une libération conditionnelle.

1 – Après votre parcours difficile jusqu’au procès, quelle place vous a promis la justice pour la période d’exécution de la peine du meurtrier ?

Une fois le procès terminé, l’institution judiciaire s’est estimée libérée de toute obligation envers nous, les victimes. Nous n’avons reçu aucun soutien, ni aucun conseil pour poursuivre notre vie et être informés des conditions d’exécution de la peine du meurtrier de notre fils. Celui-ci a certainement fait l’objet de plus d’égards, bien qu’ayant déjà 14 condamnations à son actif avant ce drame. Pour la justice, nous sommes considérés comme une « affaire classée ».

2 – Quelles ont été pour vous les conséquences de ce comportement de la justice ?

Dans un premier temps, nous avons effectué un premier recours contre la police qui n’était pas intervenue et n’avait pas porté assistance à notre fils, le laissant mourir seul dans des souffrances atroces. Après la condamnation d’un policier, nous avons pu constater que notre insistance pour que toute la vérité soit faite a été mal ressentie. Mais nous avons quand même réussi à ce qu’un autre policier soit condamné.

Devant le mutisme de la justice, nous avons voulu avoir des informations sur les modalités d’exécution de peine du meurtrier et nous avons posé la question à un juge d’application des peines de Toulouse. Les réponses qui nous ont été données ne nous ont pas rassurés, bien au contraire. Les aménagements de peine, dont peut bénéficier le meurtrier, peuvent prendre effet à compter du 19 octobre 2014, date de l’expiration de sa période de sûreté. Notre avis sera-t-il bien recueilli si celui-ci dépose une requête en aménagement de peine ? Nous sommes en droit de nous interroger ; le meurtrier est incarcéré à Tarascon depuis fin 2013 alors que nous avions demandé que le département des Bouches-du-Rhône lui soit interdit. Il va de soit que nous vivons dans une anxiété permanente, la justice nous laissant dans le flou.

3 – Une véritable considération vous aurait-elle aidés?

Au décès de William, nous nous sommes retrouvés confrontés à un univers complètement inconnu. Alors que nous étions victimes, les institutions, qui auraient du nous soutenir, nous sont apparues indifférentes voire hostiles. En l’absence de reconnaissance et de conseil, il ne nous restait plus qu’à entrer dans le système et nous faire reconnaître par une aide extérieure. Pour nous, la justice a failli à sa première mission : « reconnaître les victimes » et les prendre en charge. Nous sommes et resterons des « laissés pour compte ».

4 – Pourquoi vous engager avec l’Institut pour la Justice?

D’une part, l’Institut pour la Justice a pris en compte notre drame quand il en a eu connaissance et nous a apporté son soutien. D’autre part, nous adhérons pleinement aux positions qu’il prend vis-à-vis des décisions prises par les autorités judiciaires de notre pays.