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L’Institut pour la Justice invité par l’AMIF

Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, et Me Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et expert associé de l’Institut pour la Justice, étaient invités par l’Association des Maires d’Île-de-France à faire part de leurs recommandations en matière de lutte contre la menace terroriste au niveau local.

 

La fin d’une période de paix

 

Devant les représentants de collectivités franciliennes, Me Thibault de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), a présenté la nature de la menace terroriste. D’autres attaques sont à redouter, et aucune collectivité n’est épargnée. Chacun doit admettre que nous sortons d’une période de paix vieille de 70 ans. Nous devons adapter nos politiques de sécurité à cette menace aux niveaux local et national. La police municipale doit ainsi s’armer et se former pour faire face aux situations de crise susceptibles de survenir sur leur territoire.

 

AMIF - 25 novembre 2015 006 - Copie

 

Lutter globalement contre la délinquance

 

Alexandre Giuglaris a exposé les recommandations de l’Institut pour la Justice en matière de sécurité au niveau local. Un lien existe entre délinquance, criminalité et terrorisme. Nous savons qu’une partie des terroristes ont un lourd parcours judiciaire. La lutte contre les agissements terroristes passe, en partie, par une lutte globale contre la délinquance.

L’Institut pour la Justice recommande aux mairies une approche criminologique de leur territoire en identifiant les zones criminogènes afin d’adapter les moyens des forces de sécurité, le déploiement de la vidéoprotection, ainsi que l’amélioration de l’éclairage public de nuit. Les sanctions doivent responsabiliser les auteurs des méfaits notamment par la réparation des dégradations ou les travaux d’intérêts généraux. Enfin, la mutualisation intercommunale des forces de police municipale permet de limiter les coûts. L’Institut pour la Justice avait déjà eu l’occasion de rendre publiques certaines de ses propositions lors des élections municipales en 2014.

 

AMIF - 25 novembre 2015 009 - Copie

 

Le rapprochement entre la justice et les citoyens

 

Selon l’Institut pour la Justice, il est crucial qu’en ces temps si anxiogènes, la justice se rapproche des citoyens au niveau local. Trop souvent absents des CLSPD ou CISPD selon les élus présents, les magistrats doivent se rendre disponibles pour ces institutions locales afin d’améliorer l’efficacité de l’ensemble de la chaîne pénale. Il serait bénéfique que des magistrats se rendent dans des écoles ou que des collégiens assistent à un procès pour renouer le lien de confiance entre justice et citoyens.

 

AMIF - 25 novembre 2015 011 - Copie

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France 3 : l’Institut pour la Justice invité par l’AMIF

France 3 Ile-de-France a consacré un reportage de son journal télévisé à la commission sécurité de l’Association des Maires d’Île-de-France qui se tenait le 25 novembre en présence d’Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, et Me Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et expert associé de l’Institut pour la Justice. Tous deux ont présenté leurs recommandations en matière de lutte contre la menace terroriste au niveau local.

 

Retrouvez, ci-dessous, le reportage à partir de 7’30 :

 

La police municipale face à la menace terroriste

 

Devant les représentants de collectivités franciliennes, Me Thibault de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), a expliqué que d’autres attaques terroristes sont à redouter et qu’il est indispensable d’adapter nos politiques de sécurité à cette menace. Pour cela, la police municipale doit s’armer et se former pour faire face aux situations de crise susceptibles de survenir au niveau local.

Alexandre Giuglaris rappelle quant à lui qu’un lien existe entre délinquance, criminalité et terrorisme, une partie des terroristes ayant un lourd parcours judiciaire.

 

Les mesures à mener au local

 

L’Institut pour la Justice recommande aux mairies une approche criminologique de leur territoire en identifiant les zones criminogènes et de soutenir les sanctions qui responsabilisent les auteurs. L’Institut pour la Justice avait déjà eu l’occasion de rendre publiques certaines de ses propositions lors des élections municipales en 2014.

Par ailleurs, les magistrats doivent se rapprocher des citoyens, en se rendant disponibles pour les CLSPD ou CISPD, ou encore en se rendant dans des écoles afin de renouer le lien de confiance entre justice et citoyens.

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Colloque : Justice des mineurs : que faut-il faire ?

Nous constatons chaque jour dans nos journaux, à la télévision, ou plus grave, en tant que victimes, que les délinquants sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents.

L’Institut pour la Justice a décidé d’organiser un grand colloque le mardi 15 décembre 2015 à la Maison de la Chimie à Paris pour réunir les plus grands experts de ce sujet et apporter des réponses courageuses et concrètes à cette délinquance des mineurs.

Colloque : Justice des mineurs que faut-il faire ?
Ce colloque et les propositions qui en sortiront, sont d’autant plus importants qu’un projet de réforme de la justice des mineurs se prépare. L’Institut pour la Justice souhaite s’appuyer sur les analyses de grands experts pour montrer qu’une autre politique, à la fois plus ferme et plus soucieuse des victimes, est possible.

Nous organisons donc un colloque qui s’intéressera aux enjeux liés à la lutte contre la délinquance des mineurs, en identifiant les responsabilités de chacun et les réponses que doivent y apporter la police, la justice et la société.

Viendront entre autres s’exprimer :

Dr Roland Coutanceau, sur le thème de « la prévention de la délinquance : quelles thérapies ? »
Mohamed Douhane, Commandant de police expliquera comment relever le défi de la délinquance des mineurs.
Me Louis Vogel, professeur de Droit, sur la politique locale de sécurité, de protection et de sécurité qu’il faut mettre en place.
Me Kimiko Burton, directrice du service juridique de la ville de San Francisco à la division Famille et Enfance, sur les atouts de la justice des mineurs aux États-Unis d’Amérique.
Alain Bauer, criminologue et professeur, sur le thème «  de la délinquance des mineurs au terrorisme ».

Tous les renseignements relatifs au colloque sont disponibles sur le programme.

Pour assister à ce colloque, l’inscription est gratuite et obligatoire. Pour cela, merci de nous contacter à cette adresse : mam@institutpourlajustice.org

 

Cet évènement est terminé.

Voir les interventions du colloque en cliquant ici !

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Jawad Bendaoud, révélateur des carences de notre justice selon l’Institut pour la Justice

Dans une tribune publiée sur le site d’information Figarovox, Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, analyse le parcours judiciaire de Jawad Bendaoud, le logeur des auteurs des attentats du 13 novembre. Il estime que la lutte globale contre la délinquance ne fonctionnera que si l’on s’attaque durablement à tous les délits.

 

Le casier judiciaire chargé de Jawad Bendaoud

 

Le lourd casier judiciaire de Jawad Bendaoud, individu qui a fourni logé plusieurs terroristes à Saint-Denis, choque légitimement l’opinion publique qui ne comprend pas pourquoi cet homme puisse être en liberté. En novembre 2008, il est condamné à 8 ans de prison pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il avait porté un violent coup de hachoir en plein thorax à un individu mineur. A l’occasion du procès, les débats avaient permis de relever une «personnalité impulsive et très nerveuse» ainsi qu’un individu enfermé dans « un discours de déresponsabilisation ».

Jawad Bendaoud cumule 13 condamnations depuis 2010 : détention d’armes aggravée en réunion, faux et usage de faux, conduite en état d’ivresse et sous l’emprise de stupéfiants, violences conjugales, violences aggravées en réunion. Comment se fait-il qu’un individu déjà condamné pour coups et blessures ayant entraîné la mort ne soit pas en détention en cumulant 13 condamnations depuis 2010 ? En mars 2014, il est condamné à six mois de prison, puis en avril il est condamné à nouveau alors qu’il est en détention, en janvier 2015, 10 mois de prison, et en août 2015 il est encore condamné mais à une mesure alternative…

 

Jawad Bendaoud, symbole des carences de notre justice

 

Une réponse à la délinquance et à la criminalité « ordinaires » est indispensable car les liens avec le terrorisme sont reconnus. La réforme pénale, les crédits de réduction de peine et l’aménagement ab initio des peines limitent notre justice dans sa capacité à sanctionner les récidivistes. Jawad Bendaoud est un multiréitérant. Son parcours judiciaire met en lumière les carence de notre système judiciaire, notamment l’insuffisante évaluation de la dangerosité et du suivi judiciaire des criminels. L’Institut pour la Justice défend l’utilisation des échelles actuarielles d’évaluation de la dangerosité, préconisée par l’Académie de médecine, mais trop rarement faite en France.

 

Il faut donner à la justice les moyens d’agir

 

Notre justice pénale engorgée ne peut plus faire face à cette criminalité, et des profils comme ceux de Jawad Bendaoud sont nombreux. Il faut donner à la justice les moyens d’agir vite et fermement. Des mesures s’imposent comme le renforcement des JIRS (juridictions interrégionales spécialisées). La lutte contre l’économie parallèle (trafics d’armes et de stupéfiants, prostitution) est indispensable pour assécher les sources de financement de la criminalité et du terrorisme. L’exécution des les peines dans leur ensemble (TIG ou prison ferme) est essentielle pour la crédibilité à la justice. Pour cela, la construction de 20 000 à 30 000 places de prison est cruciale. L’application de la tolérance zéro et de la «tactique de la vitre brisée» permettraient de restaurer la sécurité des biens et des personnes et de redonner toute sa crédibilité à l’autorité républicaine.

 

Lire ici la tribune d’Alexandre Giuglairs sur le site de Figarovox

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Justice pénale, la grande oubliée de l’exécutif suite aux attentats ?

Au lendemain des attentats du 13 novembre, Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, écrit une tribune libre sur le site Figarovox pour dénoncer l’absence de la justice pénale dans les annonces de François Hollande faisant suite aux attentats. L’Institut pour la Justice estime une réforme de la justice pénale urgente.

 

La justice pénale, absente des annonces du président de la République

 

Alexandre Giuglaris salue dans un premier temps la mémoire des victimes, la dignité de leurs proches et les personnes blessées ainsi que l’admirable travail des professionnels de santé et de nos forces de sécurité.

Le gouvernement et l’ensemble des décideurs politiques ont accepté l’idée que le pays est en guerre et que nos adversaires sont déterminés. Les annonces du président de la République vont dans le sens de la fermeté et du pragmatisme à l’image de l’état d’urgence. Cependant, la justice est une nouvelle fois la grande oubliée. Demander un alourdissement des peines, comme fait par François Hollande, sans veiller à garantir leur exécution relève soit de la bonne intention soit de la simple communication.

Par ailleurs, la garde des Sceaux semble faire part de sa réticence à la suite des annonces de l’exécutif, notamment concernant la déchéance de la nationalité. Encore une fois, Christiane Taubira reste au gouvernement sans y être solidaire. Cette rupture entre le ministère de la justice et le reste de l’exécutif est d’autant plus regrettable que la justice pénale est le maillon faible de la chaîne pénale

 

Le lien clair entre délinquance et terrorisme

 

Le lien entre délinquance, criminalité et terrorisme est connu. Un certain nombre d’auteurs d’attentats ont un long parcours judiciaire à l’image d’Amédy Coulibaly, en liberté au moment des attentats de janvier grâce au jeu des réductions de peine, mais aussi de personnes liées aux attaques du 13 novembre. Pourtant, rien n’est fait pour changer notre manière de penser notre justice pénale.

Celui qui a revendiqué ces derniers attentats pour Daech serait Fabien Clain, déjà condamné en 2009 à 5 années de prison pour avoir organisé l’acheminement vers l’Irak de plusieurs personnes. Lui aussi, libéré en 2012, a bénéficié de réductions de peine et d’une libération anticipée.

 

L’ajustement nécessaire de notre justice pénale

 

L’efficacité de notre justice pénale repose sur le travail des magistrats. L’organisation de notre système judiciaire doit permettre aux magistrats de mieux travailler et non l’inverse. Par exemple, la limitation à 10 ans de l’exercice de la présidence du pôle antiterroriste est à revoir. L’Institut pour la Justice propose la création d’un parquet national compétent en matière de terrorisme.

Les peines doivent être adaptées à la spécificité des profils terroristes. Incarcérés, il doivent être isolés des autres détenus. La perpétuité réelle et la rétention de sûreté doivent être possibles pour eux contrairement aux crédits de réduction de peine. Par ailleurs, il faut rapidement recruter davantage d’imams agréés et intégrer le renseignement pénitentiaire à la communauté du renseignement.

 

Les réformes de notre justice pénale à mener

 

La lutte contre le terrorisme commence par une justice pénale efficace. La réforme de la justice des mineurs souhaitée par la garde des Sceaux serait une mauvaise chose et enverrait un nouveau message d’impunité. La justice pénale sortirait renforcée de la suppression des réductions de peines automatiques, de la construction de 20 000 à 30 000 places de prison, de la mise en œuvre des décrets d’application de la loi renseignement, de la pénalisation la consultation de sites djihadistes, et, à l’échelle européenne, d’un Passenger name record (PNR).

Ces mesures préconisées par l’Institut pour la Justice ne sont pas viables si la garde des Sceaux et le Syndicat de la Magistrature s’y opposent. Ce syndicat a déjà vivement critiqué la mise en place de l’état d’urgence.

 

Lire ici la tribune d’Alexandre Giuglaris sur le Figarovox

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Etat d’urgence : l’Institut pour la Justice défend sur Sud Radio sa nécessité

L’Institut pour la Justice était invité à débattre sur Sud Radio suite à l’annonce de l’état d’urgence par l’exécutif. Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, défend la légitimité de l’état d’urgence et surtout la nécessite d’aider les forces de sécurité dans la conduite de leurs missions.

 

L’état d’urgence est légitime

 

Alexandre Giuglaris commence par préciser que l’état d’urgence ne consiste pas à donner les pleins pouvoirs à la police. Il s’agit de faire face à une situation exceptionnelle, une situation d’urgence, en facilitant le travail des forces de sécurité en terme d’investigation et de travail au quotidien.

L’état d’urgence permet aux services de renseignements d’exploiter leurs informations qui permettent de mener des perquisitions, procéder à des interpellations ou encore découvrir des armes. Alexandre Giuglaris rappelle que l’état d’urgence est prévue par la constitution. Elle est parfaitement légale et parfaitement légitime au regard de la situation exceptionnelle actuelle. Elle doit être maintenue autant qu’elle sera jugée nécessaire par nos autorités et nos services de renseignements.

 

Le recours indispensable à la mise à l’écart des individus dangereux

 

Beaucoup de propositions ont été avancées pour répondre à cette situation de crise. Le gouvernement parle notamment de centres de déradicalisation. Ils sont nécessaires pour mettre à l’écart de la société, pendant un temps, des personnes soupçonnées d’activité terroriste. En revanche, Alexandre Giuglaris précise qu’un « Guantanamo à la française » n’est ni possible, ni souhaitable car contraire à nos lois et principes. Des dispositifs pour mettre à l’écart ces individus dangereux existent déjà, comme la détention provisoire. Il n’y a nul besoin d’être dans l’illégalité pour répondre à la situation actuelle. En revanche, il est impératif que ces mesures soient appliquées rapidement. Dans un deuxième temps, il y aura certainement des mesures à adapter en matière de sécurité intérieure et de sécurité extérieure.

 

Armer les policiers et lutter contre les trafics

 

L’Institut pour la Justice souhaite que soit donné le droit à nos forces de sécurité de garder leur arme en dehors de leurs heures de service pour en faire usage s’ils se trouvent sur le lieu d’un acte terroriste.

La lutte acharnée contre les filaires d’armes est une urgence absolue. Il est aussi indispensable de démanteler en amont les trafics de stupéfiants qui permettent l’achat et la circulation d’armes. C’est une véritable économie parallèle qu’il faut combattre.

 

Ecoutez ci-dessous l’intégralité du débat :

 

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Services de Renseignement : Me Montbrial analyse, sur Arte, leur nécessaire adaptation face au terrorisme islamiste

Me Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et expert associé de l’Institut pour la Justice, était invité à débattre dans l’émission 28 minutes, diffusée sur Arte, suite aux attentats du 13 novembre. A ses côtés, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement et de sécurité à la DGSE, et Antoine Garapon, magistrat et directeur de l’IHEJ. Il a analysé les spécificités de cette nouvelle forme de terrorisme et appelle à une adaptation des services de renseignement et de nos politiques à cette menace.

 

 

Les services de renseignement face à une menace nouvelle

 

Me Thibault de Montbrial rappelle que les services de renseignement étaient paramétrés depuis des années pour lutter contre une certaine forme de terrorisme. Il s’agissait de quelques dizaines d’individus, relativement bien identifiés. Les services de renseignement ont démontré leur grande efficacité, la France n’ayant pas connu d’attentat majeur depuis 20 ans.

Cependant, depuis la mouvance djihad datant de 2012, ce sont des milliers d’individus qui partent en Syrie ou se radicalisent en France. La menace terroriste a changé, le nombre de personnes à surveiller a explosé, et tout ceci à moyen constant du côté des services. L’adaptation à cette nouvelle menace doit se faire au niveau européen. Schengen a supprimer les frontières intérieures pour les personnes, mais il n’existe pas de fichier centralisé des services de renseignement européens.

 

La nécessité pour les politiques d’adapter meurs solutions à cette menace

 

Me Thibault de Montbrial note le désarroi de notre classe politique qui voit le pays sortir d’une période de paix de 70 ans. Nous ne sommes pas face à une série d’attentats similaire à celles connues par la France dans le passé. Si auparavant les services de renseignement arrivaient relativement facilement à remonter jusqu’au commanditaire, aujourd’hui nous devons faire face à une infanterie composée de milliers de jeunes français dont le nombre croit de façon exponentielle.

La solution s’inscrit dans la durée en réfléchissant de manière nouvelle sur cette question. Il faut aussi des réponses de sécurité immédiates à l’image de l’armement des policiers en dehors de leur service. Ces personnes habilitées seront à même de riposter si elles se retrouvent face à une situation de crise.

Si les récentes mesures gouvernementales vont dans la bonne direction, il faut clairement désigner notre ennemi qui n’est pas le terrorisme, mais l’islamisme.

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Etat d’urgence : l’IPJ regrette que la justice pénale soit la grande oubliée

Le site d’information Atlantico a interrogé l’Institut pour la Justice à la suite des annonces faites par François Hollande en matière de lutte contre le terrorisme après les attaques qui ont frappées Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre. Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, a fait part de son soutien aux décisions prises par le président de la République mais regrette que la justice pénale ait été si peu concernée par ces annonces.

 

L’état d’urgence, une réponse adaptée à la situation

 

Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, fait état de la situation de crise du pays qui nécessite des réponses à la mesure de la gravité des événements. Si les annonces du président de la République vont dans le bon sens, il rappelle que les mesures promises à la suite des attentats de janvier n’ont pas toutes vu le jour.

L’Institut pour la Justice soutient la mise en place de l’état d’urgence. Les forces de l’ordre ont ainsi la possibilité de mener avec une plus grande efficacité leur travail à en cette période de crise. L’état d’urgence est appropriée à la situation n’est nullement une atteinte à l’Etat de droit.

 

De bonnes mesures annoncées

 

L’Institut pour la Justice salue le fait que le président de la République soutienne enfin certaines mesures proposées par l’opposition à savoir, la fermeture temporaire des frontières, l’assignation à résidence, et la création d’un fichier PNR pour le suivi des passagers aériens. Si la création de 8500 postes en matière de sécurité et de justice n’est pas une mauvaise chose, la priorité devrait être la simplification des procédures et la réorganisation interne des services qui offriraient la possibilité d’une action plus efficace et moins coûteuse. La questions des moyens doit se poser pour chaque mesure puisque sans moyens, toute mesure est inutile.

Autres bonnes mesures, la déchéance de la nationalité et l’interdiction de retour en France des binationaux liés à des activités terroristes, l’expulsion plus rapide des étrangers qui représentent une menace, et la dissolution des associations incitant au terrorisme.

Les informations que nous avons sur les terroristes nous montrent que l’exécution des peines pose problème en France puisque l’un d’entre eux avait déjà été condamné et n’a pas respecté son contrôle judiciaire sans être sanctionné. Il y a des défaillances qu’il faut résorber qu’elles soient individuelles ou qu’elles concerne l’ensemble du système.

 

La justice pénale, la grande oubliée des mesures annoncées

 

L’Institut pour la Justice propose d’autres évolutions nécessaires dans la lutte contre le terrorisme comme la multiplication des centres de déradicalisation, la création d’un délit pour consultation de site djihadiste, faire bénéficier de la présomption de légitime défense aux policiers, ou encore leur autoriser le port d’arme en dehors de leurs heures de service pour qu’il puisse intervenir s’ils se retrouvent face à un acte de terrorisme.

L’Institut pour la Justice regrette que la justice pénale soit encore une fois oubliée dans les mesures annoncées. Si l’alourdissement des peines à l’encontre des terroristes est la bienvenue, il est anormal qu’une fois condamné ils bénéficient des mêmes réductions de peine que les autres détenus. Parmi les autres mesures à conduire il y a la création d’un parquet national antiterroriste, la construction de 20 000 places de prison, l’isolement des détenus radicaux en prison, et l’augmentation du nombre d’imams en prison.

 

Télécharger l’interview d’Alexandre Giuglaris parue sur le site Atlantico

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Attentats de Paris : l’IPJ réclame des éclaircissements sur les parcours des terroristes et des actions fortes de l’exécutif

L’Institut pour la Justice, think tank citoyen œuvrant pour une justice plus protectrice des citoyens et plus équitable à l’égard des victimes, fait part de son effroi suite aux attentats perpétrés à Paris vendredi 13 novembre 2015. Ses premiers mots sont à destination des nombreuses victimes défuntes ou blessées et de leurs familles pour leur présenter ses condoléances ainsi que ses vœux de rétablissement.

Face à un tel drame, il est indispensable de faire toute la lumière sur le déroulement des faits et des parcours des terroristes présumés. A cet égard, l’Institut pour la Justice s’interroge sur les conditions qui ont pu conduire au placement sous contrôle judiciaire de Samy Amimour, l’un des tueurs présumés du Bataclan, et aux conséquences de la violation de ce contrôle.

La presse a en effet révélé ce matin que Samy Amimour, mis en examen le 19 octobre 2012 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et placé sous contrôle judiciaire, aurait violé ses obligations pour se rendre en Syrie.

L’Institut pour la Justice, qui se bat depuis plusieurs années afin que la justice soit plus en phase avec la réalité de la dangerosité de certains profils de délinquants, sera attentif à la suite donnée à sa demande d’éclaircissement  et aux conséquences qui en seront tirées en matière d’exécution des peines, de contrôle judiciaire et de moyens pour effectuer ces missions.

Alors que l’exécutif a annoncé que notre pays est en guerre, des mesures et des moyens à la hauteur de la gravité de la situation doivent être adoptés en urgence. Il en va de la sûreté même de l’ensemble de nos concitoyens.

Télécharger ici le communiqué de l’Institut pour la Justice

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Attentats de Paris : Thibault de Montbrial sur LCI

Me Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris et expert associé de l’Institut pour la Justice, était reçu sur LCI à la suite des attentats de Paris pour faire part de son analyse et de ses recommandations. Il est indispensable à ses yeux que les responsables politiques et les médias admettent que nous sommes en guerre. Des mesures sont à mener rapidement pour être à la hauteur de la menace que nous devons faire face.

 

 

Admettre que nous sommes en guerre

 

Me Thibault de Montbrial commence par évoquer la triste prévisibilité des attentats de Paris. Les autorités sont informées de l’état des choses et étaient déjà en alerte rouge ces dernières semaines. Me Montbrial appelle à un changement de mode de réflexion, comme il le développe dans son ouvrage le sursaut ou le chaos. Nous sommes attaqués par des gens qui nous font la guerre. Cette guerre nous est imposée par une petite partie de la population française. Nous sommes sortis de 70 ans de paix. Les politiques, la haute administration, ou les médias qui sont encore trop souvent dans l’incompréhension et la pure sensiblerie doivent sortir du déni. Comment réagiront-ils si cela se reproduit plusieurs fois dans les semaines et mois qui suivent ?

 

Une menace qui agit au nom de l’islam

 

Me Montbrial regrette que certains responsables refuse d’employer le mot islamiste pour ne pas stigmatiser. S’il y a eu de bonnes mesures (loi sur le renseignement, réembauche de personnels militaires et policiers), on laisse depuis des années un formidable communautarisme gangrener la société française. L’infanterie de l’Etat islamique sont des musulmans, certes radicaux, mais musulmans. Il est crucial que des mots soient dis sur la réalité les choses pour que nos concitoyens voient que la classe politique comprend la gravité du problème.

 

Le rôle clé des élites musulmanes

 

Il y a une responsabilité importante des intellectuels de la communauté musulmane, mais aussi des gens qui ont l’oreille de la jeunesse musulmane (sportifs, artistes), pour dénoncer les terroristes et pour expliquer que la seule façon de vivre ensemble est de créer une scission entre tout ce qui relève du fait religieux, et ce qui relève du politique. Les élites musulmanes, en accord avec les autorités de la République, doivent tenir des discours forts suivis d’effets comme l’expulsion des imams radicaux. La génération des 12-18 ans est la plus concernée par la radicalisation. Elle doit être ramenée dans le giron de la République, sur l’égalité homme femme, l’égalité entre les religions. Cela va prendre du temps. En parallèle il faut des mesures sécurité concrètes.

 

Des annonces gouvernementales qui demeurent insuffisantes

 

Me Thibault de Montbrial salue l’annonce du Premier ministre de frapper l’ennemi pour le détruire et sa prise de conscience que nous en guerre. Cependant, le plan vigipirate ne suffit pas. Il faut changer complètement notre organisation. L’armement des policiers en dehors de leur service permettrait d’augmenter la rapidité de la riposte à une attaque terroriste. Autoriser des sociétés privées à employer des anciens policiers et gendarmes en protection de certains sites dégagerait des effectifs des forces de sécurité pour faire autre chose.

Concernant les fichés S, il est impossible de tous les surveiller. D’autres attentats sont à prévoir dans les jours et les semaines qui viennent. C’est pour cela qu’il faut rapidement s’adapter avec des mesures fortes.

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