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Conseil supérieur de la magistrature : l’Institut pour la Justice interrogé sur Atlantico

Alexandre Giuglaris, délégué général de l’Institut pour la Justice, était invité par le site d’information Atlantico à réagir à l’annonce du président de la République de relancer la réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) mise de côté après la tentative avortée du début de mandat. Aux côtés de Jean-Paul Garraud, Président de l’Association professionnelle des magistrats, et Virginie Duval, présidente de l’Union syndicale des magistrats, Alexandre Giuglaris a dénoncé une réforme qui ne ferait qu’accroître le corporatisme et la logique autogestionnaire de la magistrature à l’heure où d’autres réformes importantes sont à mener comme celle de l’exécution des peines et la construction de 20 000 places de prison.

 

Une réforme qui augmenterait le corporatisme et la logique autogestionnaire de la magistrature

 

Alexandre Giuglaris s’inquiète des différents maux frappant notre système judiciaire. Aux manques de moyens et de personnels, s’ajoutent la politisation et l’idéologie de certains magistrats, comme l’a tristement illustré le scandale du « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature (SM), qui s’opposent à leurs obligations déontologiques et portent atteinte à la confiance des justiciables pour leur justice. La réforme du Conseil supérieur de la magistrature proposée par le président de la République ne ferait qu’accroître le corporatisme et la logique autogestionnaire de la magistrature.

 

La politisation et l’idéologie, les principaux maux de notre justice

 

Cette politisation pose notamment problème pour les dossiers mettant en cause des hommes politiques. Les revendications politisées très à gauche du Syndicat de la Magistrature jette le soupçon de partialité sur certains juges. Le faible taux d’application des peines plancher, 30% des cas éligibles, montre que les orientations politiques assumées de ce syndicat portent réellement atteinte au bon fonctionnement de la justice. Certains magistrats contournent allègrement les lois votées par les élus.

L’influence du politique sur la justice ne pose pas de problème en soit tant qu’il s’agit de la détermination de la politique pénale. La liberté des magistrats du siège est garantie puisqu’ils ne sont pas choisis par le pouvoir politique. L’influence politique est minoritaire par rapport à d’autres influences comme l’idéologie, la politisation, les médias et les syndicats. Ces dernières sont bien plus nuisibles au bon fonctionnement de la justice et à l’indépendance des juges.

 

D’autres réformes sont prioritaires

 

La réforme du Conseil supérieur de la magistrature n’est pas une priorité. Il est plus urgent d’améliorer le fonctionnement de la justice au quotidien qui souffre du manque de moyens, d’effectifs et d’une exécution des peines lacunaire. C’est en cela que l’indépendance et la crédibilité de la justice seront renforcées. Autre priorité, la construction d’au moins 20 000 places de prison.

 

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