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Urvoas estime les tribunaux dans une situation pire qu’imaginée, l’Institut pour la Justice réagit

Atlantico a interviewé l’Institut pour la Justice après que Jean-Jacques Urvoas ait déclaré pire que ce qu’il craignait l’état dans lequel Christiane Taubira a laissé les tribunaux. Guillaume Jeanson, porte-parole de l’Institut pour la Justice, fait l’état des lieux de la Justice et avance des propositions pour sortir de cette situation délétère.

 

L’état de décrépitude des tribunaux français

 

L’Institut pour la Justice rejoint le garde des Sceaux qui s’inquiète de l’état de décrépitude des tribunaux français. Cet aveu est bien tardif dans le quinquennat de François Hollande. Ce constat avait déjà été déjà fait par le Premier ministre en 2011, avant son entrée au gouvernement, dans son livre intitulé Sécurité, la gauche peut tout changer. Le cas du tribunal de Bobigny n’est pas unique. Les tribunaux de Cayenne, Reims, Béthune ou Rennes connaissent des situations identiques toutes aussi intolérables. Ceci est la conséquence du refus des responsables successifs d’engager les moyens financier nécessaires à une Justice digne de ce nom.

 

La France avare en moyens concernant la Justice

 

Les faibles moyens employés à la Justice font été pointé du doigt par Me Frédéric Sicard, nouveau Bâtonnier de Paris, au moment de sa prise de fonction. Selon lui, nous consacrons 10 centimes par Français et par jour en matière de justice, soit le même budget que la Moldavie. Cette situation est dramatique car nos tribunaux ne sont plus capables de mener à bien leurs missions. Une lacune source d’une défiance des citoyens. Il est urgent de doter notre Justice de moyens concrets et importants.

 

Donner aux tribunaux les moyens de leurs missions

 

Selon l’Institut pour la Justice, une des possibilités d’amélioration du fonctionnement de la Justice est le recrutement de magistrats à l’image de la dernière rentrée de l’ENM qui enregistre la plus grosse promotion de son histoire avec 366 auditeurs de justice et élèves-magistrats. Mais ce n’est pas la seule. Jean-Claude Magendie, expert de l’Institut pour la Justice et président honoraire de la Cour d’appel de Paris, proposait, dans son livre Les Sept péchés capitaux de la justice française en 2012, de réduire le nombre de magistrats de 8000 à 3000, à condition de mieux les entourer et de les recentrer davantage sur l’essentiel de leur fonction.

 

Les attentes suscitées par le nouveau garde des Sceaux

 

Jean-Jacques Urvoas avançait cette idée en 2011 dans son ouvrage 11 propositions chocs pour rétablir la sécurité. Si les idées existent, verront-elles le jour d’ici la fin du mandat de François Hollande? La question se pose suite à la destruction de documents du ministère par les conseillers de Christiane Taubira qui ne facilite par le travail du garde des Sceaux. Sa politique doit marquer une rupture très nette avec celle de son prédécesseur. Soucieuse des victimes, il doit s’agir d’une politique ferme, ambitieuse mais réaliste.

Télécharger ici l’interview de l’Institut pour la Justice