Depuis deux siècles, la Justice est le parent pauvre du budget de la France. Elle a beau être officiellement le troisième pouvoir de l’État (avec le législatif et l’exécutif), remplir une fonction régalienne par excellence et le garde des Sceaux a beau être le cinquième personnage de l’État, il existe un décalage permanent entre cette importance reconnue et les crédits qui lui sont alloués, et les lamentations ont été continuelles à travers le temps. Depuis quelques années cependant, les gouvernements cherchent à redresser la barre, d’autant que l’état des prisons et les nouvelles missions de la Justice obligent à augmenter les moyens dont elle dispose.
Cet effort est-il suffisant ? Pour la première fois s’agissant d’un budget ministériel, la Fondation iFRAP, dans ce dossier réalisé en collaboration avec l’Institut pour la Justice*, estime que le compte n’y est pas et qu’il faut augmenter les moyens. Il n’y aura certes jamais assez de moyens ni d’hommes pour rendre la justice et l’exécuter. Mais on ne peut multiplier ces moyens à l’infini, pas plus qu’on ne peut placer un gendarme derrière chaque personne ou un éducateur en face de chaque élève. Il nous faut donc comparer les moyens et l’acceptabilité de leur coût avec les objectifs et missions que poursuit la Justice et ce que l’on estime souhaitable qu’elle poursuive dans l’avenir.