Dans cet entretien, Isabelle Aubry, décrit la réalité de l’inceste en France en s’appuyant sur des études menées par son association. Elle explique aussi les principaux combats de l’AIVI qui travaille à faire allonger les délais de prescriptions, qui doivent être établis au regard du temps moyen (16 ans) qu’une victime d’inceste peut prendre pour révéler les faits.

L’association met tout en œuvre pour que l’inceste aujourd’hui réprimé sous l’une des trois qualifications de viol, d’agression sexuelle ou d’atteinte sexuelle, soit incriminé en tant que tel dans le code pénal français. L’inceste se caractérise par l’absence de consentement à un acte sexuel avec un membre de sa famille. Or, dans les faits, l’acte incestueux, commis généralement sous l’emprise de son agresseur, inhibe la victime, souvent mineure, qui n’oppose pas un refus catégorique. L’acte commis peut alors être jugé consenti. Incriminer l’inceste dans le code pénal permettrait de définir clairement les circonstances de cette infraction qui rendent nécessairement caduque toute réflexion en terme de consentement.